
Héritée de son passage aux Beaux-Arts d’Angoulême, la technique du monotype se révèlera très utilisée, par séries, dans le travail d’Ür, pour la bonne raison qu’elle ne nécessite pas absolument de presse, contrairement à la gravure ou à la lithographie, deux disciplines qu’il n’a fait qu’effleurer jusqu’à présent. Elle consiste à imprimer un dessin (à l’encre typographique, en l’occurence) de la plaque de métal, ou de verre, sur laquelle il a été réalisé, sur une feuille de papier. Chaque impression est unique, la plaque pouvant ensuite resservir. Sans moyens la plupart du temps, ou bien en route, il lui est possible, avec peu de matériaux, de produire rapidement un grand nombre d’originaux. Il presse successivement au pouce, à la patate, à la balle de tennis, utilisant les effets particuliers de la thérébentine mélangée à l’encre.
Pendant longtemps, cette technique dont le résultat final ne représente qu’un film de couleur très fin, à peine matérialisé par le papier, accompagne une production toute en pâte et en physicalité brute, jusqu’en 1998, où elle semble être rejointe par les effets des premiers essais sur le matériau ombre.