
A cette époque, j’avais un grand loft à Brooklyn, dans Hope Street. Prédestination ? J’y ai beaucoup espéré. Beaucoup produit, aussi, puisque ma relation avec la Cave Gallery, un lieu plein de possibles tenus par des Japonais doucement cinglés, me permettait d’y exposer régulièrement (jusqu’à une fois par mois, pendant un temps).
Je n’avais pas d’appareil photo, et peu a été enregistré. Pour ce que j’en sais, la majeure partie de mes œuvres américaines, d’ailleurs, a peut-être complètement disparu -ces peintures, sculptures, qui avaient été un chemin de croix à conserver, parmi plein d’avatars, pendant 10 ans...
Occupé à jouer dans une fanfare ou écrire un opéra, gagner du fric en me louant en qualité d’arpète à qui voulait de moi, à écrire des textes en anglais qui, bien que fragmentaires, me paraissent les plus intéressants que j’aie produits, à dessiner énormément, principalement en ombre, vivant dans un bordel terrible (mon loft, transformé en cabaret, s’est appelé "le Big Bordel", as a matter of fact) sans cesse menacé d’expulsion, je n’ai gardé que peu d’images.