
Sous-tendant la totalité de sa production artistique, musicale et littéraire, l’usage du cahier comme journal de bord, intime ou pas, a commencé alors que Ür naissait en peinture, et se poursuit jusqu’à ce jour.
Littéralement des palimpsestes, c’est à dire des interventions réalisées sur des ouvrages pré-existants, ces ?cahiers ?, de taille imposante (50 sur 90 cms, ouverts, en moyenne), sont de vieux registres de comptes provenant d’entreprises ou d’usines aussi diverses que des abattoirs, un quotidien américain régional de la fin du 19ème siècle, une faïencerie d’art, un grand hôtel niçois...
Faisant se chevaucher calligraphies de la belle-époque et pattes de mouches contemporaines, entrées en chiffres et considérations littéraires, philosophiques, personnelles ou tout simplement techniques, ils contiennent des milliers de dessins, peintures, collages, et constituent le véritable creuset de cet artiste, un ?atelier portable ? qu’il emporte partout avec lui.
C’est dans ces cahiers que se joue, aux deux sens du terme, la genèse de son art.