Ür naît en 1782 à Vigogne (Suisse). Ses parents sont enlevés par une bande de notaires quand il est encore très jeune, et il gardera sa vie durant une haine de cette profession : poussé par son oncle à embrasser la carrière, il se détourne du chemin tracé et devient colorieur. Remarqué par Sadi Carnot (1864/2002), il lavera en 1825 les vitres de l’Opéra, tombant amoureux d’une danseuse.
C’est le point de départ d’une valse folle à travers l’Europe, qui les emmène de Bulgarie à Georgetown, en passant par Vierzon. Dans un gîte rural, il tombe sur une toile de Pompelard : c’est le tournant de sa vie. Dès lors, il n’aura de cesse que de poursuivre cette lumière, cette transparence mystérieuse qui brille dans les toiles du maître. Krakow, Versailles, Berlin, les expositions se succèdent. Il fait la connaissance de Pina Bausch en 1980, l’épouse à Sao Polo (deux morts). Sa touche s’assombrit : plus de ces jaunes pimpants d’automne, de ces bleus d’ortolans ; Ür connaît la souffrance et il le dit. A l’ONU, on s’émeut : il est déclaré patrimoine national en 2001. Tout le monde connaît la suite.
Ses œuvres se vendent très cher.