Aux Arts Lycéens

De Février à Mai 2011, je suis intervenu pendant une cinquantaine d’heures au Lycée Professionnel Joseph Cugnot de Chinon, dans le cadre d’un projet "Aux arts lycéens" financé par la Région. Le public visé par cette intervention se composait de deux classes, 1ère et Terminale Carrosserie. L’objectif du projet, tel qu’imaginé par moi, était de mener une recherche sur le détournement, aussi bien formel et matériel (le matériau de base était en l’occurrence des carcasses automobiles, ainsi que des éléments de carrosserie) que sémantique et de l’ordre du langage : l’idée était de puiser dans un éventuel "patois des carrossiers" pour y trouver des expressions ou des mots qui nous permettraient, en jouant sur leur double-sens, de formaliser une sculpture, ou une installation.

Comme j’aurais pu m’y attendre, le projet initial a très vite évolué, eu égard aux circonstances pour le moins chaotiques que j’ai rencontré dans cet exercice : une administration désengagée, voire un brin réfractaire, un absentéïsme des élèves quasiment institutionnel, ou du moins accepté comme tel par les enseignants, un désintérêt patent en général (y compris de la part de l’autre artiste missionné avec moi sur le projet pour assurer la partie "littéraire", qui ne s’est pour sa part montré qu’à la première séance, et que personne n’a revu là-bas depuis), tout cela et une kyrielle d’autres obstacles a considérablement changé la face du projet, qui s’est vu résumé à la réalisation d’une sculpture, avec ou sans les élèves...

Vent contraire, souvent confronté à une classe entièrement vide ou à des élèves particulièrement provocants, j’ai heureusement profité de l’aide inappréciable d’un professeur en carrosserie, d’ailleurs à peine prévu au projet, dont l’entrain, l’envie, l’autorité et la curiosité ont apporté beaucoup au résultat final.

Ce résultat, dont on peut juger par ces quelques clichés, n’est pas à prendre à proprement parler comme une œuvre finie (il aurait pu bénéficier de plus de temps), mais me semble intéressant tout simplement parce qu’il existe... Je tenais absolument à ce qu’une vraie réalisation ait lieu, de façon à ce que les dadais qui me lançaient : "M’sieur, on en a rien à foutre, de vot’ art de merde !" soient surpris par leur propre travail, voire en dérivent une certaine fierté. Ce qui a heureusement été le cas sur la fin de mon intervention, à en juger par les réflexions étonnées que j’ai entendues d’eux, et par leur efficacité renouvelée... -

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